A la mi-février, je suis partie en stage de modélisme chez Marie Emilienne Viollet, la créatrice de la marque IAM Patterns. J’avais postulé pour rejoindre la formation de novembre 2019 et malheureusement, la formation avait été victime de son succès : plus de places !
Du coup, Marie Emilienne, triste de décevoir autant de monde, a ouvert trois nouvelles sessions début 2020 pour pouvoir répondre à la forte demande.
Quelle chance de pouvoir rejoindre le premier groupe de l’année 2020 qui démarrait en février !

Notre groupe de 8 participantes avec Marie Emilienne au milieu

Le concept de la formation est simple. Pendant deux fois 10 jours, Marie Emilienne nous reçoit dans son atelier situé en Bourgogne dans le joli village médiéval de Noyers-Sur Serein, pour apprendre les bases du modélisme.

L'atelier - extérieur

L'atelier - intérieur

Les 10 premiers jours de stage sont consacrés à l’introduction du modélisme (coupe à plat) et aux instructions concernant le patronage de jupe et de ses modifications (plis, godets, découpe…) avec la réalisation de sa première jupe de base mais aussi de sa première création de jupe. En effet, après 10 jours de stage, nous avons toutes été capables de réaliser notre version; chacune avec son style!
Les 10 derniers jours seront consacrés au patronage du buste et aux modifications/altérations (pantalon, veste…).

Ma première création de jupe !

Les journées sont divisées en deux grandes périodes :
- la matinée où le petit groupe de participants (8 maximum) reçoit les instructions en cours magistral. Marie-Emilienne a une grande expérience de professeur et sa manière d’expliquer est pédagogique et didactique. Elle convient parfaitement à son public d’adultes ayant un niveau de couture situé entre moyen et expert. Il est vraiment important pour pouvoir profiter pleinement du stage d’avoir une excellente base de couture et d’avoir cousu beaucoup de pièces différentes. Cela permet de se projeter sur la faisabilité pratique d’un vêtement mais aussi « dans les pièces » à patronner.

- l’après-midi est consacrée aux exercices pratiques. Marie Emilienne n’est pas présente à l’atelier. Au départ, j’avoue avoir trouvé cela étrange mais après avoir expérimenté, je comprends vraiment la pédagogie sous-jacente ! 

Premièrement, ça stimule complètement notre autonomie pour pouvoir reproduire seule plus tard à domicile et donc trouver les solutions par soi-même, ça a du bon ! Deuxièmement, ça stimule l’entraide dans le groupe mais aussi la bonne entente ce qui est vraiment nécessaire car on passe pratiquement 10h par jour dans l’atelier toutes ensemble. Le fait de pouvoir plancher ensemble sur le problème de quelqu’un stimule la bonne entende, mais aussi la réflexion et finalement on a parfois plusieurs solutions pour arriver à répondre au problème soulevé. Vive l’intelligence collective !
Troisièmement, ça nous permet de développer notre créativité et notre jugement personnel sur les projets que nous mettons en œuvre.
Et le lendemain, Marie- Emilienne est là pour expliquer ce qui nous a échappé ou nous donner des pistes de solutions si vraiment on est resté coincé.

On reste parfois tard à l'atelier

Un autre facteur important de cette formation est le fait d’être « coupé du monde ». Je m’explique… Avant de venir en stage, j’avais acheté une méthodologie pour patronner moi-même mes modèles. Et je n’arrivais pas vraiment à m’y mettre car je ne savais pas dégager suffisamment de temps pour faire des sessions longues me permettant d’aboutir à un résultat final. Il n’y a rien de pire quand on patronne que d’être arrêté, déconcentré, et de devoir replonger après dedans…Pour ma part, le fait d’avoir une bonne plage de temps, de ne pas être parasité par les tâches ménagères, les RDV… permet de se « mettre à fond » sur son patronage. Les après-midi paraissaient finalement courtes même quand je passais 6-7h à l’atelier à patronner non-stop. C’est un peu une « retraite » patronage et c’est en quelque sorte se retrouver face à soi-même à ses facilités, à ses difficultés, à ses envies...

Essayage de ma toile de jupe courte

Corrections en groupe et explications

Les premiers jours, on patauge un peu, on est maladroit…et puis ça vient.. la main se stabilise, l’œil s’aiguise, le cerveau tourne à plein régime et on crée… Moi qui ne faisait jamais de vraie toile. J’ai compris tous leurs intérêts durant ce stage.
En effet, nous avons toutes réalisé notre jupe de base (celle à partir de laquelle nous pouvons réaliser tout type de jupe) d’abord en toile. Une fois, les modifications faites, la toile corrigée, nous avons pu débuter la création de notre modèle original. Après patronage, à nouveau, nous avons réalisé une toile pour valider notre travail. Et nous sommes arrivées toutes les 8 à cette étape cruciale.

Quel bonheur de constater comment les pièces s’assemblent si bien. On se demande presque comment on faisait avant ; tant le fait d’avoir patronné permet un assemblage facile.

Au moment, où je vous écris, j’ai effectué la première partie du stage et j’ai vraiment adoré. Il me reste 5 semaines pour faire mes devoirs avant la seconde partie du stage :
- coudre ma première jupe patronnée dans le tissus final : mission accomplie !
- Patronner et coudre une deuxième jupe sortie de mon imagination : en cours...

Comme vous pouvez le voir j'ai choisi de réaliser ma première jupe en wax. C'est le reste d'un pagne que j'avais acheté à Matongé, le quartier africain de Bruxelles, pour réaliser mon trench Luzerne de Deer and Doe (que j'adore). J'aurai maintenant une jupe assortie parfaitement ajustée.
Et je dois dire que ça change tout que de porter un vêtement fait sur mesure!

Comme je suis addict aux belles finitions, j'ai posé un biais tout le long de l'enforme intérieure. Je trouve ça super classe, et vous?
Je n'ai qu'une envie c'est de poursuivre ma formation pour m'attaquer aux blouses et puis aux robes!